Un problème international

L’absence de médicaments pédiatriques dûment référencés n’est pas un problème franco-français. Dans tous les pays du monde on observe que 75 % des produits administrés aux enfants n’ont pas été évalués pour eux. Dans l’Union européenne, en janvier 2000, sur 49 médicaments innovants ou issus de biotechnologies utilisés aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte, seuls quinze ont une indication en dessous de dix-huit ans. Faute de données, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) – le texte qui résume l’évaluation du rapport bénéfice-risque du médicament – ne prévoit pas l’utilisation chez l’enfant.

Read More

La Toile tente de se parfumer pour doper le commerce électronique

Orange ? Mandarine ? « Pamplemousse ! », s’exclame Sylvie Courcelle-Labrousse, ingénieur à France Télécom R&D, qui aimerait bien faire de cet agrume la future signature olfactive de l’opérateur téléphonique. De fait, une odeur fruitée émane des curieuses enceintes encadrant l’écran d’ordinateur où elle vient de cliquer sur une page intitulée « France Télécom parfume le Web ».

Read More

Alcool : bienfaits, profits et risques

L’inclusion, annoncée le 16 juin, de l’alcoolisme dans le champ de compétence de la MILDT (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie) semble mettre un point d’orgue à un long débat public où se sont opposés, derrière la rationalité apparente des arguments, des intérêts divergents dont l’aspect économique est le principal fondement.

Read More

Jacques Kerchache, globe-trotter et tête chercheuse

A le voir, quelques jours avant l’inauguration du pavillon des Sessions, on dirait qu’il va s’envoler. Filiforme, la barbe rase, les yeux abrités derrière des lunettes rondes, il parcourt les salles à grandes enjambées, un téléphone cellulaire à la main, un curieux couvre-chef, qui tient du béret et de la casquette, vissé sur la tête. Sa voix est plus inaudible que jamais. On a presque envie de communiquer par gestes avec lui.

Read More

Algérie : l’assassinat de M. Hachani

La cause de la paix civile a reculé un peu plus avec l’assassinat, en plein cœur d’Alger, lundi 22 novembre en fin de matinée, d’Abdelkader Hachani. Le dirigeant du Front islamique du salut (FIS) – numéro trois en titre du parti dissous – a été tué de deux balles par un tireur (ou deux tireurs, les versions divergent), alors qu’il se trouvait dans la salle d’attente d’une clinique dentaire, près du marché Nelson de Bab-el-Oued, un quartier populaire de la capitale. Le meurtrier a réussi à prendre la fuite sans être inquiété alors que, depuis sa libération en juillet 1997, M. Hachani faisait l’objet d’une surveillance policière constante.

Read More

L’itinéraire de la jeune garde socialiste

LES JUGES D’INSTRUCTION parisiens Armand Riberolles et Françoise Néher, chargés de l’affaire de la MNEF, effectuent des recherches sur les éventuelles rémunérations que des élus socialistes auraient perçues, mais n’ont retenu aucune charge, à ce jour, contre les responsables du PS mis en cause par Maxime Gremetz.

Read More

EN VUE

Les os du bassin récemment mis au jour par des archéologues fouillant des sépultures romaines, à Londres, appartiendraient à une femme-gladiateur.

Read More

Les derniers repas dans les couloirs de la mort…

A jeun depuis vingt-quatre heures, refusant toute autre nourriture que du café, Gary Graham n’a pas non plus demandé de dernier repas, cette ultime faveur faite aux condamnés à mort au Texas, auxquels, dans les limites du raisonnable, l’administration pénitentiaire sert traditionnellement leurs plats préférés avant de les exécuter. Dans le tableau statistique que tient l’administration des prisons texanes, à la case « dernier repas requis », figurera donc cette mention pour Gary Graham : « none », « aucun ».

Pour ceux que ce type de détails statistiques intéresse, et ils sont nombreux si l’on en croit les autorités pénitentiaires, ce tableau peut être consulté librement sur le site Internet du Texas Department of Corrections (www.tdcj.state.tx.us). Il suffit de cliquer sur « statistics and death row », puis sur « final meal requests » pour que se déroule brutalement, dans ce tableau propre et net consciencieusement tenu par les geôliers, la peine de mort non plus comme un débat philosophique mais comme une réalité crue, morbide dans sa banalité, appliquée à des êtres humains en chair et en os capables de vouloir manger, et même parfois bien manger, avant de mourir.

On y retrouve même quelques spécificités culturelles de l’Etat du Texas, si proche du Mexique et berceau de la cuisine tex-mex. Paul Nuncio, qui a précédé Gary Graham d’une semaine dans le chambre d’exécution, a demandé « des enchiladas, des burritos, de la glace au chocolat et un melon ­ entier, coupé en deux ». La veille, John Burns avait eu droit, lui, à « du poulet frit (deux cuisses et les ailes), une livre de bacon, un T-bone steak de 16 onces et du café », alors que deux jours plus tôt, le 12 juin, Thomas Mason avait préféré partir le ventre vide : comme Gary Graham, il entre dans la catégorie « none ».

En mai, Richard Foster a fait cette impressionnante commande : « boeuf fajita, oignon, poulet frit (blanc), poivrons doux, grande salade César avec sauce au fromage bleu, pain et beurre, glace à la vanille, trois bananes, un coca, un pot de café, un paquet de cigarettes »… seule cette dernière requête, le paquet de cigarettes, lui a été refusée, règlement oblige. Delbert Teague, exécuté à 36 ans, n’avait rien voulu mais « au dernier moment a mangé un hamburger à la demande de sa mère ».

« JUSTICE, ÉGALITÉ, PAIX DANS LE MONDE »

Mort le 1er mars en criant son innocence, Odell Barnes, dont le dossier n’était guère plus solide que celui de Gary Graham, avait passé une commande plus difficile à satisfaire : « justice, égalité, paix dans le monde », mais néanmoins scrupuleusement consignée dans le registre.

Journaliste au quotidien local The Huntsville Item, Michelle Lyons a rencontré le cuisinier du couloir de la mort. C’est un détenu, Brian Price, arrivé à la prison de Huntsville en 1992, et qui s’est porté volontaire. « Au début, lui a-t-il expliqué, cette tâche était attribuée à n’importe qui. Mais il y en avait beaucoup qui ne voulaient pas le faire, ça leur filait la chair de poule. Finalement je me suis proposé pour le faire systématiquement, je me suis dit que je ferai de mon mieux.  » Sa fierté : un hamburger qui rivalise avec ceux des meilleurs fast-foods de la région. Par chance, souligne-t-il, le hamburger-frites est aussi le plat le plus souvent demandé par les condamnés à mort du Texas pour leur dernier repas.

S. K.



Le Monde